Les Ancêtres

« Les ancêtres sont les morts qui continuent d’exister dans un autre monde ». L’individu est doté de plusieurs âmes (5 ou plus chez les Yorubas), dont certaines sont appelées à disparaître, mais dont quelques unes survivront.

Si vous interrogez un prêtre Fon, il vous parlera généralement du Yè (= double, le souffle, le côté spirituel de quelqu’un)

En pays Xwla (Popo) on vous dira encore plus que koutomè (kutomè) est le séjour des morts, où on retrouvera tous les ancêtres. « Séjour proche des vivants et matérialisé par la nuit ». Toutefois, les peuples de la côte du Golfe du Guinée n’ont pas une vision uniforme de l’au-delà.
Sans doute vaudrait-il mieux distinguer les morts des ancêtres. Ce que les Africains font naturellement, mais ce qui n’est pas évident pour un esprit Occidental. Cette alchimie exige une formule : « Quand on est devenu un ancêtre, on est plus un mort », il faudra devenir un ancêtre célébré.

Les vivants et en particuliers les descendants du disparu, sont appelés à jouer un rôle éminent dans l’entretien de l’ancêtre. Par le culte qui lui est dédié, la vie lui est rendue meilleure outre-tombe. Ainsi, comme les dieux, les ancêtres demandent à être nourris. Comme les dieux, ils sont oubliés des hommes ils disparaîtront.
D’un autre côté, si l’homme se concilie les dieux et les ancêtres, il profitera de leur force. Et la force de l’ancêtre se mesure au prestige qu’il avait durant sa vie terrestre, à sa progéniture.
En vérité, les relations entre mondes visibles et invisibles participent d’une économie équilibrée, jusqu’en échange des devoirs qui leur sont rendus, les divinités ou les ancêtres répondent par des bienfaits, ou pour le moins vous laissent-ils tranquille. Il faut pour eux dons et contre-dons…
Ainsi la semaine comporte un jour consacré aux offrandes faites aux défunts. En pays Xwla (Popo), les ancêtres étant supposés participer au repas du soir, on s’imposera de ne pas manquer ce repas-là, essentiel pour ceux de l’au-delà et moment privilégié de communion avec eux.

Les Collectivités Familiales

Proverbes de chez nous et d'ailleurs

Le culte des ancêtres, comme celui des vodouns de la collectivités familiale, du clan, du village ou quartier, fonde la cohésion du groupe, et ce faisant il répond au besoin d’identification de l’individu. L’individu qui, dans l’aire culturelle Adja – Xwéda – Xwla – Fon, appartient à une autre famille ou maison (Xwé), rattachée à la collectivité familiale (hennu), appartient elle-même à un plus vaste ensemble, le clan (akota, ou ako).

Le hennuvodoun ou akovodoun est l’ancêtre fondateur du hennu ou de ako. La collectivité élit à sa tête un hennugan.
Le huétanu est la grande fête annuelle de hennuvodoun. Elle se déroule durant l’une des deux saisons sèches, devant le huéli familial.
Le huéli est une statue en terre surmontée d’une cupule ou le hennugan dépose la nourriture destinée aux ancêtres. Le huéli siège au cœur de la maison. C’est le sanctuaire, devant lequel on consulte aussi le Fâ (oracle) qui prescrit les offrandes et les sacrifices.
Avec un œil exercé, on peut encore s’intéresser aux Lègba, ces fétiches truffant la campagne et les villes du Sud Bénin précisément à Grand-Popo. Leur esthétique, grossière aux yeux d’Occidentaux, révèle un mode d’occupation des sols où les divinités ne sont jamais absentes. Les Lègba sont des gardiens se trouvant à l’entrée de chaque village et signalent toujours l’arrivée des envahisseurs.

Enfin, un détail qui a son importance : « le cadeau » qui vous sera fréquemment demandé dans ces circonstances n’enlève rien à l’authenticité de la cérémonie. Les chefs religieux sacrifient un poulet ou une chèvre (qui ne sont pas perdus pour tout le monde). Sacrifiez aussi chers visiteurs un billet de banque.

Quelques Proverbes de chez nous et d’ailleurs

  1. La langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche.
  2. L’erreur n’annule pas la valeur de l’effort accompli.
  3. Un vieillard qui meurt, c’est comme une bibliothèque qui brûle.
  4. On est plus le fils de son époque que le fils de son père.
  5. Ce qui est plus fort que l’éléphant, c’est la brousse.
  6. Pour qu’un enfant grandisse, il faut tout un village.
  7. C’est au bout de la vieille corde qu’on tisse la nouvelle.
  8. On tarde à grandir, on ne tarde pas à mourir.
  9. Une pirogue n’est jamais trop grande pour chavirer.
  10. C’est celui qui n’a jamais exercé qui trouve que le pouvoir n’est pas plaisant.
  11. Au chef, il faut des hommes et aux hommes, un chef.
  12. Le feu qui te brûlera, c’est celui auquel tu te chauffes.
  13. Le vieil éléphant sait où trouver de l’eau.
  14. Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits.
  15. Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens.

Cérémonie de sortie du Nouveau-Né chez les ‘’XLA’’

Le milieu ‘’Xla’’ compte plusieurs clans dont les ‘’Holuvi’’, les ‘’Ogouvi’’, les ‘’Yaluivi’’, les ‘’Houngavi’’, les ‘’Tobossivi’’, les ‘’Dogblossouvi’’, les ‘’Dagboevi’’ etc… qui tous accordent une importance capitale à la cérémonie de sortie du nouveau-né. Originaires de Tado au Togo, ils sont les descendants des ‘’Adja’’. Soulignons que tous ces clans ‘’Xla’’ procèdent généralement de la même manière pour sortir le nouveau-né.

Le ‘’Vidéton’’ (sortie du nouveau-né) comme l’indique la langue Xla est bidimensionnel : la présentation du nouveau-né à la lune dite ‘’SOUNKOUNKOUN’’ et la reprise de la consommation des mets salés par la maman appelé ‘’DJEDIDA’’.

​‘’LE SOUNKOUNKOUN’’
Lorsqu’une femme se marie dans l’un de ces clans ‘’Xla’’, elle doit s’attendre à des exigences au cours de ses périodes gestation et surtout dans les premiers mois qui suivent l’accouchement.
Ainsi la femme qui vient fraîchement d’accoucher ne verra pas la lune avant le ‘’SOUNKOUNKOUN’’.
De là, sa présence dans la cours dès la tombée de la nuit est interdite. Mais comment procède t-on à là dite cérémonie ?
Dès l’apparition d’une nouvelle lune, on procède immédiatement à la sortie du nouveau-né. Seules les tantes paternelles sont habilitées à accomplir cette cérémonie. En effet la tante présentera sept (7) à neuf (9) fois le nouveau-né à la lune selon son sexe. Elle l’exhibera sept (7) fois s’il s’agit d’une fillette et neuf (9) fois dans le cas contraire. Notons que lors des six(6) ou huit (8) premières présentations, l’enfant est représenté par son oreiller et ce n’est qu’à la toute dernière fois que le bébé même sera exhiber à la lune. Soulignons aussi qu’à chaque présentation la tante récite certaines phrases rituelles à savoir :
KÚSSUN- KÚSSUN
VÍTO KÚSSUN
VÍNO KÚSSUN
VÍTO TAKUNGBÓ
VÍNO TAKUNLÊGUÊ

Pourquoi est-il nécessaire de présenter l’enfant à la lune à la naissance?
Pour répondre à cette interrogation, comprenons que l’étoile est la chose la plus vénérée par nos grands parents à l’époque ; et chaque enfant qui nait est représentée par une étoile. C’est comparable à l’histoire de l’étoile qui a signalé que le fils de l’homme est né et a guidé les trois rois mages pour se rendre au lieu de la naissance si nous nous référons un peu à la Bible. Cette présentation à la nouvelle lune favorise l’enfant à être en contact direct avec son étoile et recevoir d’elle l’énergie nécessaire pour le reste de sa vie.
Une chose est de sortir l’enfant une autre est le ‘’DJÊDIDA’’ car il fallait voir toute la peine et la résignation que  ces mamans consentent à ne consommer que des mets non salés durant les sept (7) premiers jours de l’accouchement s’il s’agit d’une fillette et les neuf (9) premiers jours si c’était un garçon.

‘’LE DJÊDIDA’’
Comme le ‘’SOUNKOUNKOUN’’, le ‘’DJÊDIDA’’ est l’œuvre des tantes paternelles mais cette fois-ci elles choisissent la compagnie de certains jeunes et vieux du quartier. Notons que cette cérémonie se fait généralement le soir.
A cet effet dans la journée, plusieurs mets sont préparés pour la circonstance. Parmi ses mets qui foisonnent les uns sont salés et les autres non salés. Alors à la tombée de la nuit la cérémonie se tiendra dans la cour de la maison. Après invocations, prières des tantes l’une d’entre elles présentera sept (7) ou neuf (9) fois un mets non salé à la bouche du nouveau-né selon son sexe et le jettera par derrière. Elle en fera ainsi pour un mets salé mais cette fois-ci elle l’insérera dans la bouche de la maman. Ainsi donc la maman est autorisée à prendre des mets salés après cela, l’assemblée sera servie, c’est la joie dans tous les cœurs et l’occasion pour les uns et les autres de formuler les vœux les meilleurs à l’endroit du nouveau-né.

Quelle serait son importance dans la vie du nouveau-né ?
Cette cérémonie prépare le nouveau-né contre toutes forces maléfiques et aussi à affronter énergiquement toute chose d’où l’interdiction à la maman de consommer du sel avant les 7 ou 9 jours.

Culture de Coco dans la Commune de Grand-Popo

Le Coco est le produit le plus exploité à Grand-Popo à cause du sol sableux de la région : presque les 85% de la population en bénéficient.
Cette culture a été introduite au Bénin dans les années 1920 par les Portugais qui en cherchaient les fruits pour leurs industries. De nos jours les cocos sont exportés par les nigérians pour la fabrication de l’huile, de savon et des biscuits. Les cocotiers servent dans la construction des maisons alors que les racines servent à la préparation de tisane.

Les jeunes cocotiers sont plantés dans le mois de juin qui correspond à la grande saison pluvieuse au Bénin. Ils commencent par produire après cinq à huit ans. Ensuite, les récoltes se font tous les trois mois.
Les cueillettes se font par les jeunes gens qui maîtrisent la technique de grimper, et les ramassages des cocos se font par les femmes, mais les jeunes gens les aident à casser les cocos. Une quarantaine de cocos bien secs donnent trois à quatre litres d’huiles et les non secs donnent deux litres et demi d’environ.

Pour fabriquer l’huile de coco, on pétrit la farine de l’amande moulue dans un panier pour récupérer le lait de coco. Le lendemain, après la fermentation, ce lait est exposé au soleil pour que l’huile fraîche qui surnage se sépare nettement de l’eau. Ensuite l’huile est prélevée et préparée sur le feu.
L’huile est cuite entre 50 et 60 minutes. Elle est filtrée pour être séparée cette fois-ci du foin. Après cette préparation l’huile est mise en bouteille et vendue à 600F CFA ou 800F CFA le litre.
Les cocotiers ne produisent plus assez de coco après avoir atteint l’âge de 50 à 60 ans, alors on les coupe pour la construction des Maisons.

Source:
Interview de Monsieur A. Agblégavi TOSSOU.