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L’édition 2010 d’Agbogbozan, la grande fête rituelle et annuelle du peuple Ewé a été célébrée en liesse samedi à Notsè, à 95 km au nord de Lomé.

La fête de retrouvailles, fête de retour au bercail des Ewé est placée cette année sous le signe de la « solidarité et de la réconciliation. » Elle demeure une occasion pour ce peuple Ewé du Togo, du Bénin, du Ghana et de la diaspora de rallier Notsè considéré comme leur berceau historique. A travers la sphère de commémoration de la vie commune, c’est également une façon de transcender les frontières coloniales pour un développement harmonieux du peuple Ewé. L’histoire du peuple Ewé tourne autour de la muraille d’Agbogbo, du roi Agokoli, de la migration des Ewé du Nigéria au Togo et du peuplement du sud Togo. « Quand les Ewé étaient venus à Notsè, il y avait beaucoup d’insécurité dans la zone, et le roi Agokoli entreprit de construire une grande muraille autour de la cité pour les protéger à la fois contre les ennemis et certainement contre les animaux sauvages. Agbogbo est devenu un lieu de refuge parce qu’il a connu des afflux de personnes qui fuyaient l’insécurité et qui venaient trouver abri dans Agbogbo. La population a commencé par augmenter et en même temps il y avait des querelles autour du trône; c’est l’une des raisons du dernier exode des Ewé. Il y avait aussi des raisons économiques. A cela s’ajoutent les pratiques du roi Agokoli lui-même, réputé très cruel et méchant, qui abusaient de son pouvoir sans limite. Il a fini par écœurer la population », a déclaré le Secrétaire général de la Communauté Ewé, Yawovi Adodo, faisant l’historique des Ewé. Togbui Agboli Agokoli IV a, quant à lui, estimé que l’histoire de la muraille « Agbo-gbo » est concise. Elle est réalisée au temps du roi Agokoli 1er entre le VII è et le XI è siècle. Une fouille archéologique réalisée par des éminents chercheurs a permis cette datation. Le Chef Agokoli IV a par ailleurs émis le vœu que la confédération des Ewé soit le socle du « pardon mutuel et de la réconciliation ».
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